Calais, 2007-2010.


"No chance today my friend".
Une phrase que j'entends chaque matin de la bouche des gars qui n'ont pas réussi la nuit précédente à passer juste en face, de l'autre côté de la Manche.
Ces migrants qui ont quitté leur pays et parcouru des milliers de kilomètres avec l'Angleterre comme but se retrouvent finalement coincés à Calais. Le début d'une errance en ville qui peut durer des mois.
Le jour, c'est une longue attente. Ils tuent le temps comme ils peuvent, essaient de contacter leurs familles, recharger leurs portables. Les ONG locales organisent des distributions de repas et parfois de vêtements.
La nuit, ils disparaissent dans la zone de fret et sur les bords des routes dans le but de s'introduire dans un poids lourd. Eviter la douane, les chiens, les contrôles au scanner et au CO2 qui permettent de localiser des groupes de gens dissimulés dans les remorques.
Les passeurs, invisibles mais omniprésents, organisent le passage à prix d'or. Ceux qui n'ont pas les moyens de débourser la somme demandée se débrouillent comme ils peuvent, parfois accrochés avec une corde à l'essieu d'un camion ou planqués sous le réservoir.
C'est souvent ceux-là que je croise à nouveau le matin et qui donnent l'impression de vivre un jour sans fin. 

Calais, 2007-2010.


"No chance today, my friend".

I hear that sentence every morning from the lips of guys who failed on the previous night to cross over to the other side of the Channel.

Those aspiring immigrants who have left their country and covered thousands of miles with England as their goal finally find themselves stranded in Calais.

It is only the beginning of wanderings which can last for months.

During the day, it is a long wait. They kill time as best they can. They try to get in touch with their families, to recharge their cell phones. Local NGO’s organize food and sometimes clothes deal outs.

At night, they disappear in the freight zones and along the road sides to worm their way into a lorry. Dodging the customs officers, police dogs, scanner and CO2 controls which make it possible to localize groups of people hidden in trailers.

Smugglers, although invisible are always present. They organize the crossing at an outrageous cost. Those who can’t afford the requested sums try to manage as they can, sometimes clinging to a rope fastened to the axle of a truck or hidden under the tank.

They are often those whom I come across again in the morning and who seem to live an endless day.

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Message in pachto written on this wall:

"My heart is broken. At dawn, police come in the forest, I need to run.

In his village, Farid was a important man. Now, as he eats food from the christians, everybody sees that he is a wanderer"

Farid Jân Waziri

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